21/04/2013

Albert Ellis

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"It's a royal pain in the ass, but you can live with it !" ( Albert Ellis )




C'est la réponse donnée par Albert Ellis à un étudiant qui le consulte.

-Alors ça ne va pas ?

-Non ... Je me sens déprimé ...

-Qu'est-ce qui t'arrive ?

-Ben ... ma voiture par exemple ... J'en ai pour 600 dollars de frais ...

- Alors tu trouves ça terrible, c'est catastrophique !

- Ouais ...

- ça fait mal au c... mais tu peux survivre !!!


L'étudiant en question a gardé l'enregistrement de sa consultation. Il est aujourd'hui thérapeute. 

Ellis appelait "awfulizing" cette dramatisation des situations. Ce n'est pas l'adversité (A) qui conduit aux conséquences émotionnelles désastreuses ( C, dépression, angoisse, rage ) mais les idées ( B ) que l'on se fait des choses, les schémas qui parlent en nous.

Ellis, dans son franc-parler, fait écho à Epictète, qui écrivait déjà dans son Manuel, au 1er siècle :

"Sois prêt à dire aussitôt : Ce qui l'afflige ce n'est point ce qui arrive, car un autre n'en est pas affligé; mais c'est le jugement qu'il porte sur cet événement."


Et "il n'arrive à personne rien qu'il ne soit naturellement à même de supporter" ( Marc-Aurèle, livre V; 18 ).


 


 

17:22 Écrit par Pierre Gaujal | Commentaires (0) |  Facebook |

Vers une vie plus rationnelle ( stoïcisme II )

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Une fois qu’on a chassé aussi bien ce qui nous irrite que ce qui nous effraie, il s’ensuit une tranquillité, une liberté perpétuelles.

( Sénèque, De la vie heureuse )






Les croyances qui nous conditionnent, ces "idées que nous nous faisons des choses" ( B comme beliefs dans le modèle ABC d' Ellis ) sont essentiellement un résultat acquis. En fait elles se forgent dès l'enfance et conditionnent déjà les comportements. Comme il serait souhaitable que les éducateurs, en premier lieu les parents, puissent les détecter, et les discuter...


Par exemple :


 "Je dois être bon",  "je ne dois pas décevoir mes parents" peuvent induire une attitude anxieuse.

 "Je n’y arriverai jamais’’ , " je ne comprends jamais rien " conduirent à des émotions dévalorisantes ou dépressives, de la tristesse.

 "J’en ai marre de l’école" une attitude d’intolérance aux frustrations, à des émotions de l'ordre de la colère ou du ressentiment.


Ces émotions douloureuses peuvent avoir des conséquences comportementales regrettables : découragement, échec ou phobie scolaire.


D'une façon générale nos exigences intérieures ( les trois "musterbations" d' Ellis) se rapportent à soi, aux autres, au monde . Lorsqu'elles sont dysfonctionnelles elles s'avèrent à l'analyse comme étant rigides, irrationnelles et iréalistes.


Ces exigences, ces idées, sont-elles rationnelles ? Sont-elles conformes à la réalité ? Qui a dit qu'elles seraient vraies ?

15:28 Écrit par Pierre Gaujal | Commentaires (0) |  Facebook |

19/04/2013

Stoïcisme

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« Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu'ils portent sur les choses.  »

( Epictete )

 

 

 

 

 

Oui, il faut travailler sur ces opinions, ces jugements, ces filtres ( voir la note sur les ruminations ) qui connotent l'expérience vécue. Ici la pratique philosophique conduit à la sagesse conçue comme absence de troubles ( apatheia ).

Entre l'événement vécu ( A ) et la conséquence émotionnelle et comportementale ( C ), qui peut être négative ( colère, rage, tristesse, angoisse, dépression ), il y a tous nos schémas cognitifs, nos pensées plus ou moins irrationnelles, nos croyances ( B ). C'est B qui conduit à C, et non A.

Ce schéma ABC peut être analysé rationnellement, les jugements ( B ) peuvent être questionnés, disputés ( D ), pour conduire à de nouvelles conséquences émotionnelles et comportementales ( E ), conséquences plus appropriées, plus adaptées à la réalité. Cela s'appelle le schéma ABCDE d'Albert Ellis ( 1956 ), grand père des thérapies cognitives et comportementales, application pratique et assumée de l'affirmation d'Epictète.



 

18:51 Écrit par Pierre Gaujal | Commentaires (1) |  Facebook |