08/10/2010

Rumination

le_penseur__musee_rodin.jpg  La rumination mentale, c'est cette petite voix intérieure qui commente toute chose, qui a un avis sur tout. Vous savez, celle qui vous chuchote ses vérités toutes faites lorsque vous êtes dans la salle de bains, debout en train de vous raser, de vous coiffer, de vous brosser les dents ...

Ce petit discours que l'on se raconte. Ces jugements qui colorent et filtrent chacune de nos expériences, de nos souvenirs, de nos anticipations. Cette petite voix à laquelle on s'identifie trop souvent, et dont on n'a parfois même pas conscience.

Oui, c'est cela ruminer. Et c'est ce discours intérieur qui tisse la texture de nos états d'âme, nous fait tristes, mélancoliques, angoissés parfois, fatigués, excédés, ou triviaux, etc ...

La méditation nous offre la possibilité de faire un pas en arrière, de prendre conscience de ses ruminations intérieures. De s'en détacher, ou s'en désidentifier quelque peu. De les observer avec distance, pour ne pas dire avec humour ...

 

"Don't check", disait le Maître Zen Seung Sahn. Ne ruminez pas.

 

Tachons de prendre nos distances avec cet acteur de mauvaise série B. C'est vrai que c'est de nous qu'il s'agit, mais dans l'esprit de notre méditation, nous ne sommes déjà plus tout à fait lui ...

 




22:19 Écrit par Pierre Gaujal | Commentaires (0) |  Facebook |

01/10/2010

Méditation


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Finalement, que signifie réellement  ce mot de plus en plus en vogue dans la presse grand public ? Il s'est même introduit à l'hôpital, où cette pratique se réfère  aux techniques mindfulness, littéralement de pleine conscience, issues de la méditation bouddhiste et introduites dans les thérapies cognitivo-comportementales de troisième génération.

Mais doit-on pour autant se référer aux robes exotiques et colorées, ou au contraire sombres, de ses adeptes traditionnels ? Doit-on rentrer en "religion" pour s'y exercer ? Ou à l'hôpital, ou au cabinet des psys ?

Ou bien serait-ce une capacité innée à (re)découvrir, avant de s'y entraîner ?

Mindfulness est la transcription anglo-saxonne du pali sati. Il désigne la capacité d'attention profonde que l'on attend de cette pratique. C'est à la fois le moyen de la méditation, et son fruit.

Dit autrement la méditation de ce type c'est la capacité à :

Se concentrer pour revenir de sa dispersion mentale ordinaire. On utilise ordinairement la conscience de la respiration ( anapanasati ), simplement attentif à l'inspir et à l'expir, avec une légère prédominance de l'expiration, sans forcer. Attentif au dos droit, la respiration abdominale en devient plus aisée.

C'est aussi la capacité à s'observer. Observer ce qui passe, position du corps, sensations, perceptions, formations mentales, surtout les pensées diverses qui semblent n'attendre que cette attitude de calme pour mieux se faire connaître.
Les pensées sont la pierre d'achoppement du méditant. Il convient de simplement les laisser passer, comme des nuages dans le ciel, ou la circulation dense sur une artère passagère. Surtout ne pas vouloir les supprimer, cela ne fait que les renforcer. Ne pas se laisser happer non plus. Découvrir d'instant en instant cette capacité à en prendre conscience et à laisser passer.

Faire ce pas en arrière qui rend plus intime avec soi-même. Et le regard plus vaste. Sans juger.

Accueillir le monde avec ce regard là. Et les autres, aussi.

Attitude universelle. Seule la condition humaine est requise.

A pratiquer formellement, en position assise, c'est plus facile.

Mais utilisable partout. En marchant. Ou assis dans le métro, par exemple. Essayez.

18:08 Écrit par Pierre Gaujal | Commentaires (0) |  Facebook |