29/10/2005

Karma collectif

Ce qui est absolument extraordinaire, c'est que le karma collectif est le miroir du karma individuel. Autrement dit, une lecture attentive et intuitive du karma collectif est un extraordinaire outil de connaissance de soi.
Ces derniers temps, les nouvelles concernant l'écosystème global de notre planète ne sont pas spécialement réjouissantes. Elles sont pourtant un puissant feedback, car on y voit comment le système global auquel le genre humain appartient tend vers de nouvelles positions d'équilibre.
Ainsi, une étude récente ( http://www.liberation.fr/page.php?Article=334706 ) nous apprend que l'Europe devrait connaître un réchauffement de 2.1°C à 4.4°C dans les 70 ans, ce qui est considérable.
 
Voici une synthèse des effets que cela devrait avoir ( source Météo France ): 
 

Synthèse des faits constatés et des prévisions de modèles pour divers paramètres et phénomènes

Le tableau ci-dessous issu du programme CLIVAR (CLImate VARiability) du Programme Mondial de Recherche sur le Climat de l’OMM récapitule pour divers paramètres les tendances vraisemblables sur le XX ème siècle, et attendues à la fin du XXI ème siècle, sur la base des modélisation des scénarios du GIEC.
Attention : il s’agit de tendances qui ne s‘appliquent pas forcément partout !


Paramètre
Observé (20ème siècle)Modélisé (fin du 21ème siècle)
Extrêmes basés sur des simples statistiques climatiques
Températures maximales plus élevéesTrès vraisemblableTrès vraisemblable
Plus d’étés chaudsVraisemblableTrès vraisemblable
Augmentation des indices thermiquesVraisemblableTrès vraisemblable
Températures minimales plus élevéesTrès vraisemblableTrès vraisemblable
Moins de jours de gelTrès vraisemblableTrès vraisemblable
Plus d’évènements générant des cumuls journaliers intensesVraisemblableTrès vraisemblable
Plus d’évènements générant des cumuls multi-journaliers intensesVraisemblableTrès vraisemblable
Evènements climatiques
Plus de vagues de chaleurPossibleTrès vraisemblable (températures maximales plus élevées)
Moins de vagues de froidTrès vraisemblableTrès vraisemblable (températures minimales plus élevées)
Sécheresses aggravéesPeu vraisemblableTrès vraisemblable (réduction de l’humidité des sols aux latitudes moyennes)
Plus d’évènements pluvieuxVraisemblableVraisemblable (précipitations augmentées aux moyennes et hautes latitudes en hiver)
Plus de cyclones tropicauxPeu vraisemblablePossible
Plus de tempêtes tropicalesPeu vraisemblablePossible
Plus de tempêtes aux latitudes moyennes PossiblePossible
Episodes El Niño plus intensesPossiblePossible
Plus de conditions de type El NiñoVraisemblableVraisemblable

 

19:16 Écrit par Pierre Gaujal | Commentaires (0) |  Facebook |

16/10/2005

Life after the oil crash ...

Un commentaire de "tchou-tchou" mérite d'être rapporté en dehors des commentaires. Pour mieux en susciter d'autres peut-être  :
 
"D'autres transformations matière/énergie doivent être possibles, et avec des rendements autrement supérieurs."
C'est possible, mais pour le moment on n'en connaît aucune en mesure de supplanter le pétrole de façon durable, soit seule, soit en association avec d'autres sources d'énergie (par exemple éolien + solaire + carburants végétaux), car il n'y a pas assez de matériaux pour fabriquer toutes les éoliennes et tous les panneaux solaires dont on aurait besoin, et pas assez de surface agricole pour produire tout le carburant dont on aurait besoin, sauf en affamant des gens, ce qui n'est pas à exclure dans les pays pauvres.
Pour ce qui est du nucléaire, se pose également le problème de la finitude des ressources en minerais, et toute la logistique dépend du pétrole. La fusion (ITER) ne sera pas opérationnelle avant un siècle d'après la COGEMA, et entre-temps ce sera le bordel. Dans tous les cas le problème des transports resterait entier, car on ne remplace pas 700 millions de camions et voitures par des véhicules électriques en trois semaines.
Une des pseudo-alternatives dont on entend aussi parler est la liquéfaction du charbon selon le procédé Fischer-Tropsch, mais le rendement énergétique est catastrophique, au niveau pollution ça serait l'horreur, et de toute façon le problème de la finitude des ressources se posera également.
Il ne faut également pas perdre de vue que les liens entre pétrole et économie sont très étroits et complexes, et que des problèmes d'approvisionnement en pétrole se répercutant dans l'économie, cela rend plus difficile la mise en place sérieuse d'alternatives.
Dans tous les cas notre concommation énergétique baissera, de façon concertée et préparée ou bien de façon chaotique, elle est de toute façon largement supérieure à nos réels besoins énergétiques, et trop élevée par rapport aux ressources de la planète.
Quelque autres liens qui expliquent ça mieux que moi :
http://www.manicore.com/documentation/renouvelables.html
http://www.manicore.com/documentation/part_eolien.html
http://www.manicore.com/documentation/sobriete.html
http://www.manicore.com/documentation/petrole.html
http://www.lifeaftertheoilcrash.net/SecondPage.html#anchor_83

16:43 Écrit par Pierre Gaujal | Commentaires (9) |  Facebook |

09/10/2005

Jodorowsky ( suite )

Je viens de terminer le dernier livre de Jodorowsky, l'artiste magicien, visionnaire, auteur, voyageur, réalisateur, scénariste, acteur de métier et dans sa vie. C'est un beau livre sur le zen, brutal, et même si l'auteur y prend quelques libertés avec la chronologie pour mieux mettre les situations en relief, on y trouve finalement bien plus que ce que l'on était venu y chercher.
 
Le chapitre sur la peintre et écrivain surréaliste Leonora Carrington m'a donné envie de retrouver la maison qu'elle y habita avec Max Ernst de 1938 à 1941 dans le sud de la France. J'en reparlerai dans quelques semaines, photos à l'appui. 

09:13 Écrit par Pierre Gaujal | Commentaires (2) |  Facebook |

07/10/2005

Semer à tous vents ...

Il y a peut-être un an de cela, la mairie de Paris a lancé une opération dans certains parcs et jardins. Copiant le principe des mats de prière tibétains, des poteaux ont donc été installés et tout un chacun pouvait participer en demandant un mini drapeau auprès des employés. Poème, vœu, citation, tout était admis et semé au vent. J’ai pris une photo de l’un d’eux au parc de Belleville. les vents y faisaient tourner jadis les moulins. Hélas je l’ai égarée.

Cet exemple m’a rendu songeur. Je le prendrai volontiers comme illustration d’un rite collectif, assumant une des fonctions anthropologiques fondamentales des religions, à savoir relier les Hommes ensemble et ouvrir dans un même mouvement la démarche sur un au-delà. Ainsi, pourquoi ne pas retenir une telle idée dans les écoles, en particulier lors de la survenue d’un drame touchant la vie des enfants ? Quelle que soit la religion ou l’absence de religion des petits écoliers ou des adolescents, tout le monde peut s’y retrouver, le mat joue alors le rôle d’un symbole unificateur pour le groupe. C’est un totem en quelque sorte.

Et la parole peut pudiquement se délier, les aspirations les plus profondes trouver une voie d’expression sans subir les restrictions d’une laïcité comprise trop souvent dans un sens restrictif, coercitif.

The answer is blowing in the wind…


13:51 Écrit par Pierre Gaujal | Commentaires (0) |  Facebook |

05/10/2005

MDMA

Le mensuel Science&Vie nous apprend à travers un article bien documenté, que le MDMA ( ecstazy ) fait l'objet d'un protocole thérapeutique expérimental. Sur les patients cancéreux en phase terminale, par exemple, afin de libérer la parole. La psychothérapie prendrait le relais.
On y apprend aussi que le LSD est partiellement réintroduit aux USA pour soigner des migraines faciales.

Pour dauphin, je précise qu'à l'époque psychédélique, les pseudo-pratiquants du zen que les maîtres découvraient en possession de LSD, ou marijuana, étaient expulsés manu militari des monastères, centres et autres dojo ...

 



13:21 Écrit par Pierre Gaujal | Commentaires (2) |  Facebook |

01/10/2005

L'approche systémique

Un commentateur du zenblog ( dauphin ) a attiré mon attention sur un texte :

http://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/BRUNE/10219

 . L’auteur y parle de l’ « idéologie fonctionnelle » qui envahit tout le discours politique et social. Ainsi tout accident serait le fruit d’un « dysfontionnement », terme technique évitant tout questionnement sur le bien-fondé de l’évolution technique, plus précisément sur les orientations choisies.

Ce discours est particulièrement révélateur du discours technicien ( que l’on désigne par technique les aspects strictement technologiques, ou la politique budgétaire, les taux d’intérêts, l’énergie, l’urbanisme, le droit, …).

En fait cela peut rappeler ce que Sartre analysait dans son Plaidoyer pour les intellectuels. Il prenait l’exemple d’un sujet très sensible à l’époque, celui d’un « savant atomiste », on dirait aujourd’hui d’un chercheur en physique nucléaire. Pour Sartre, le scientifique pur et dur qui refuse le questionnement sortant de son champ de compétence technique n’est pas un intellectuel. Pour lui, la figure de l’intellectuel, c’est le savant qui cherche à se positionner par rapport à son travail. Seuls l’engagement politique ( au sens noble ) et l’interrogation morale et métaphysique feront de lui un intellectuel. Albert Einstein, Oppenheimer ou Andreï Sakharov rentrent donc dans cette catégorie. Et l’incident, ou l’accident, seront donc remis en perspective, et non perçus seulement de manière systémique comme un dysfonctionnement d’un processus purement technique.

Un théoricien de la contre-culture, universitaire méconnu en France, Théodore Roszak, a également analysé la dérive technicienne dans « contre-culture » ( 1969 ), en l‘appliquant essentiellement au monde médical. Ouvrage épuisé aujourd‘hui. On ne connaît plus Roszak que comme écrivain de thrillers…


13:38 Écrit par Pierre Gaujal | Commentaires (2) |  Facebook |